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J’achète donc je suis !

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  Je me réveille le matin et encore dans mon lit, j’allume mon téléphone. J’ai reçu quelques dizaines de mails de sociétés de commerce en ligne, celles de mes marques préférées bien sûr. De belles images, mises en scènes, des dernières nouveautés, me font déjà rêver. Faire un choix, c’est de l’ordre de la torture, tellement tout est beau, mis en valeur, la lumière, le coucher de soleil, les couleurs. Je les veux toutes ! Je m’imagine déjà dedans et anticipe à quelle occasion, je vais mettre ce pantalon bleu avec cette belle chemise blanche très discrètement rayée. Je suis certaine de me sentir pousser des ailes avec cet ensemble. Enfin presque ! L’heure tourne, je regarde si ma taille y est, je mets dans mon panier et surprise… pour quelques euros de plus la livraison est gratuite. Tiens, il y’avait aussi cette petite robe d’un rouge éclatant. Je pourrais la mettre ce week-end, pour l’anniversaire de ma meilleure amie. Et voilà, j’ai économisé les frais de livra...

Je suis premier ministre et je danse le hip-hop !

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Je n’ai pas fait l’ENA, j’ai 4 enfants et je dîne avec eux presque tous les soirs. Peu importe ma couleur, je n’ai pas grandi à Neuilly, ni en Normandie. J’ai vécu dans un appartement avec mes frères et sœurs mais aussi parfois mes cousins. Je connais bien mes voisins, j’ai passé du temps à jouer avec eux, en imaginant que nous étions astronautes et visitions de nouvelles planètes sur les talus du parc d’à côté. Dans mon école, il y’avait des tas d’enfants, tous pareils. Je n’avais pas idée, une fois ado, qu’on ne pouvait pas tomber amoureux d’un juif quand on était musulman. Je n’avais pas idée, avec mes yeux d’enfant, que vivre dans la cité ce n’était pas pareil qu’avoir un pavillon. Et puis que cumuler des petits boulots après la fac, ce n’est pas pareil que de rentrer directement chez soi, pour réviser. Car avoir ces petits boulots ça permet aussi de voir ce qui se passe ailleurs, connaître des gens qui ont moins de chance que soi et d’autres qui ont en plus et dé...

L'autre moi!

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          Nous connaissons tous une femme comme elle. Elle est belle, pas la beauté des magazines, mais belle par ce qui émane d’elle. Toujours bien apprêtée, les couleurs sont harmonieuses et les formes pointues. Elle ne marche pas, elle flotte. Son assurance la dépasse, sa confiance en elle forme une sorte d’aura qui lui donne un air de reine. Elle avance la tête haute. Presque jamais seule. Toujours entourée d’autres femmes qui lui ressemblent. Elles papillonnent au-dessus du monde, leur monde. On les entend rire doucement, chuchoter beaucoup, faire des plans, énormément. On admire l’allure, l’aisance et cette confiance qui ferait fléchir de convoitise n’importe quel coach chevronné. On envie sa veste, son sac ses chaussures. Quelle chance de porter autant de pièces qu’on voit dans les publicités et autres défilés. On s’étonne du temps si précieux qui lui appartient et dont elle fait ce qu’elle veut ; petit-déjeuner entre copines, lunch...