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Vivre !

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Le cerveau fait des connexions étranges.  Je lisais un post de la philosophe Marie Robert où elle parle de la vie professionnelle et de ce qu’elle pourrait dire à la jeune génération.  Jusqu’à la dernière phrase :  "je leur souhaite de renverser la table".  Et là, je ne sais pour quelle raison, sans préméditation, je pense à mon père et à ce qu’il m’a raconté de sa jeunesse.  Il fait partie de la génération des « seventies » qui a traversé l'Europe en auto-stop jusqu’en Inde. Il jouait de plusieurs instruments et avait les cheveux longs. Ce n'est pas un cliché. Il avait gardé son passeport avec tous les tampons et des tas de photos en noir et blanc. Avant de partir, il avait tout de même fini ses études d'ingénieur. Raison pour laquelle, il avait quitté sa Tunisie natale pour Paris ! Ma mère, avait été emportée par le tourbillon de ses récits.  Je n’ai pas connu mon père avec les cheveux longs. Il jouait parfois de l’harmonica, de la guitare ou du synthétis...

Obscurantisme !

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  C’est un mot que j’ai appris au lycée et que je pensais (à tort), faire partie de ces mots désuets, que je n’aurais probablement plus jamais l’occasion d’utiliser. Il était employé au début du XIXème siècle, pour définir tout ce qui était contre la philosophie des lumières.   C’est étrange, comme j’ai souvent fait référence, ces derniers temps, aux philosophes des lumières. Pas si étrange que ça finalement, puisqu’ils défendaient la Tolérance, la Liberté et l’Égalité. Parmi eux, Montesquieu, dont mon lycée à Herblay, en banlieue parisienne, portait le nom. Il y’avait cette citation qui m’a marquée et que j’ai utilisée, souvent, dans mes communications :    « Pour faire de grandes choses, il ne faut pas être un si grand génie ; il ne faut pas être au-dessus des hommes, il faut être avec eux ».   Deux siècles plus tard, les valeurs défendues par ces philosophes semblent faire partie du passé. Et comme par revanche, l’obscurantisme gagne ...

Espoir!

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Il y’a déjà quelques années, j'étais invitée à ce mariage où , mon attention s’était focalisée sur la table d’à côté, animée par une dizaine de jeunes gens.   De leur table, j’entendais leurs rires, je devinais leur complicité, j’observais la légèreté de leurs échanges.  Ils étaient dans leur monde, un monde des possibles où demain n’a aucune importance. C’est une tranche de vie heureuse qu’on voudrait figer à tout jamais.   Il y’avait particulièrement cette jeune fille, élancée, belle, joyeuse. Mon regard a du mal à s’en détacher. Je remarque qu’elle parle d’une drôle de façon. Ce n’est pas qu’elle ait du mal à parler, son élocution est fluide. Mais de là où je me trouve, j'ai du mal à comprendre ce qu’elle dit.    En l’observant, je remarque une cicatrice sur sa gorge. J’en déduis qu’elle a dû naître avec une malformation et a dû être opérée. D’où sa difficulté à parler ou du moins, ma difficulté à la comprendre.   Intriguée, je demande qui elle est. ...

Horreur !

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Arrivée de 11000 personnes sur l’île de Lampedusa.   Je peine à imaginer les conditions de leur traversée et les peurs de tous ces gens entassés dans ces petites barques échouées sur le port. Je suppose la stupéfaction et le désarroi des 6000 habitants de cette petite île italienne à la vue de ces femmes, ces hommes et ces enfants débarqués sur leurs côtes.   Mon imaginaire est saupoudré de flashs spéciaux et d’émissions où des spécialistes nous expliquent le pourquoi du comment, l’impact et les conséquences de cette marée humaine.   Et tout cela alimente nos conversations où chacun a un avis sur le sujet.  Jusqu’à cette réflexion qui attire particulièrement mon attention : « il y’a des femmes qui sont enceintes et même celles qui accouchent sur ces embarcations. Je me demande comment elles peuvent avoir la tête à ça ! »   S’ensuit un brouhaha de théories, telles que ; « dans le désespoir, la tendresse c’est tout ce qui reste »...

Mon meilleur ennemi!

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Il y a des relations où l’interdépendance est plus forte qu’ailleurs. Où l’on dépend de l’autre autant qu’on s’en méfie. Où l’on a besoin, sans vouloir en avoir l’air. La relation de travail en fait partie. C’est un lien parfois intime, parfois froid, souvent ambivalent. Un lien dans lequel chacun attend quelque chose, sans toujours le dire, sans toujours l’assumer. On signifie à l’autre qu’il n’est pas indispensable, tout en lui demandant de s’impliquer davantage. On fixe un cadre contractuel, avec des horaires, des objectifs, des règles du jeu. Et l’on fait tout pour ne pas trop en sortir, pour ne pas se compromettre. Après tout, 17h, c’est 17h. Chacun reste à sa place. Et le jour J, on s’attend à plus, une récompense, une reconnaissance. Mais ce n’est pas le cas, alors on est déçu. On se scrute avec défiance mêlée d’une sorte de dégoût. Quelque chose s’est abîmé. On ne sait pas toujours quoi. Mais on le sent. Ça fait longtemps que l’on ne s’aime plus. Pourtant, on reste ensemble. Po...

Changer son angle de vue!

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Si on changeait son angle de vue ?  C’est la question que je me suis posée il y’a quelques années, lorsqu’un Manager était venu me voir pour m’annoncer avoir tout essayer avec sa collaboratrice et qu’il ne voyait plus qu’une seule solution, se séparer d’elle.  Et si on s’était arrêté aux faits bien établis, c’est peut-être une vie que nous aurions perdu.  Voici son histoire*. Une femme brillante qui jongle entre travail et famille, entre croissance de son CA et l'éducation de ses 2 enfants.  Elle faisait partie des « best performers » et souvent identifiée dans les plans de succession. Dynamique, percutante, qui sait embarquer autant ses collaborateurs que convaincre ses clients.  Mais petit à petit et sans raison apparente, son Manager constate qu’elle s’implique moins, qu’elle confond les dossiers de ses clients, qu’elle s’impatiente face aux requêtes de ses collaborateurs… Il pense à une fatigue et en parle avec elle. Il propose un congé, elle le décline et a...

Apologie du Commun!

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Bernard Buffet - Les folles, Femmes aux chapeaux (1977) Dans la rue, on se scrute pour se copier ou se reconnaître.  Sur les réseaux sociaux, on cherche l’inspiration ou l’imitation. Les intérieurs sont les mêmes et les émissions de décorations pullulent sur nos écrans et nous disent comment faire pour avoir pareil. Au restaurant, le choix se restreint et la truffe devient reine et s’ajoute à toutes les sauces… à en devenir indigeste.   Bref, le commun est rassurant. Il crée une identité à laquelle on s’attache.  Quand, il n’y pas si longtemps, c’est la rareté qui faisait loi.   Le commun est fade. Il donne une impression d’uniformité sans saveur. Il ne permet aucune surprise et endort les esprits déjà bien orientés. Le commun ne permet pas la créativité, il l’a tue dans l’œuf. Il est le contraire de la singularité qui promeut la diversité et la richesse de notre monde.   Alors pourquoi le commun a supplanté la rareté et guide toutes nos actions et décision...